LE CONTROLE-SANCTION AUTOMATISE

Le contrôle-sanction automatisé, c'est la création d'une chaîne logique de traitement des infractions à la vitesse sur la route. Elle est automatisée dans toutes ses phases jusqu'à l'envoi des avis de contravention et même l'accès au juge pour les contrevenants qui le souhaitent.

Un radar couplé à un appareil photo numérique détecte les véhicules en infraction, prend une photo et enregistre un fichier contenant l'image et les informations sur le contexte (date, heure, lieu, etc.). Ce fichier est transmis au centre de traitement centralisé. Sous la surveillance d'un officier de police judiciaire, l'infraction est validée et une reconnaissance optique permet de lire la plaque d'immatriculation.

Le propriétaire du véhicule est identifié par une consultation de la base de données des cartes grises.

L'avis de contravention est imprimé et envoyé au contrevenant. Celui-ci doit payer l'amende ou préciser le nom du conducteur auquel il avait confié son véhicule. Il peut également contester, mais, dans ce cas, le montant de l'amende est consigné jusqu'à décision finale de justice. Les premiers radars seront opérationnels juste avant la Toussaint et implantés sur les zones particulièrement accidentogènes. En tout, avant la fin décembre, 70 radars fixes et 30 mobiles doivent être installés. Dans le même temps, les procédures entièrement automatisées de traitement des infractions pourront démarrer. Le programme se poursuivra ensuite sans interruption, puisque 1 000 radars couplés à des appareils photos numériques doivent être disposés sur tout le territoire jusqu'en 2005. L'écart avec les Pays-Bas et le Royaume-Uni doit être rattrapé, avec la présence moyenne de 10 appareils par département, dont 3 embarqués.

- LA PROBABILITÉ D'ÊTRE CONTRÔLÉ

Actuellement, la probabilité d'être contrôlé en France est d'une fois tous les 15 ans et un conducteur court 20 fois moins de risques d'être contrôlé en France qu'aux Pays-Bas, toute proportion de population et de taille du territoire gardée. D'ici 2005, la probabilité doit être ramenée à une fois par an.

- LE RECOUVREMENT DES AMENDES

40 % des amendes (incluant le stationnement) ne sont actuellement pas payées pour divers motifs. L'objectif est de ramener à zéro la probabilité d'échapper à toute sanction après avoir été contrôlé.

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Les radars fixes automatisés seront signalés

Les courriers électroniques vont encore plus vite que les voitures rapides ?  Si vous êtes du genre à  recevoir 'beaucoup   de « mails», peut-être avez-vous lu celui-ci : « Attention, faire gaffe, si vous venez sur Lille, un de nos sous-traitants installe sous peu un radar automatique sur l'A 1 dans le sens Paris - Lille à la hauteur du centre commercial Auchan-Fâches. Vitesse limitée à 110 km/h... »

 

Hé, hé ! L'auteur de ce  message a de bonnes sources. Les automobilistes qui empruntent ce secteur ont  pu remarquer, en effet, qu'une voie était neutralisée la nuit, au pont de Lesquin, sur l'autoroute Lille - Paris. De fait, si l'armoire destinée à abriter le fameux radar n'est pas encore en place, on a déjà commence à couler un soubassement et installé les câbles de liaison.  Le radar automatique, une armoire grise sur pied, avec quatre petites fenêtres, sera* placé dans le champ d'une caméra, et boulonné d'ici à la fin du mois. Il sera relié à un centre national de traitement des amendes installé à Rennes et par la suite à Seclin, qui seront « flashés », aucun recours , ne sera possible: L'information sera traitée aussitôt et le  PV  arrivera très vite par la poste,'l'ambition étant de réduire le délai à 48 heures? Installé sur une portion d'autoroute  limitée  à 110 km/h, ce radar devrait être soumis à de rudes cadences, même si ses premiers flashes ne seront pas forcément onéreux : il faudra d’abord l’étalonner. C’est l’un des 100 radars automatisés que le ministre de l’intérieur a décider d’installer  d'ici à la fin de l'année dans 21 départements, L'objectif étant une montée en puissance avec 1000 radars d'ici à 2005. « Je veux que les conducteurs aient le sentiment qu'ils peuvent être contrôlés à tout moment et en tout lieu », a expliqué Nicolas Sarkozy aux préfets réunis fin septembre. La sécurité routière est à ce prix.

 

Quatre ou cinq dans la région

Où seront installés ces radars ? « Là où les risques d'accidents sont les plus importants, non là où les possibilités de relever des infractions sont les plus importantes », ajoutait Nicolas Sarkozy. L’exemple de Lesquin n’est peut-être pas le plus probant. Un autre radar pourrait être installé sur l’A25.

 

A la préfecture, comme à .la compagnie autoroutière des CRS, on répond par un poli. «.Prématuré. » affirme-t-on. La communication doit d'abord passer par les ministres concernés (Equipement et Intérieur) et .ceux-ci n'ont prévu de le faire qu'à la fin du mois.

Les informations gui circulent sur l'Internet font état d'implantations dans la courbe de Babylone à Villeneuve-d'Ascq (un projet qui ne semble pas devoir se concrétiser de sitôt), d'une autre boulevard du Breucq, encore à Villeneuve-d'Ascq (peu probable), d'une autre sur le périphérique lillois vers la porte d'Arras, un secteur régulièrement contrôlé par les CRS.

 

On parle aussi de deux implantations fixes dans le Pas-de-Calais, sur la N 17 à Avion et la N43 à Annezin-lez-Béthune. Ce n'est pas confirmé.

De toute façon, les radars fixes seront annoncés par des panneaux. Une transparence qui rejoint celle des CRS de la région quand ils annoncent à nos lecteurs les axes où se feront les contrôles.

 

Mais d'autres radars mobiles et automatisés se feront plus discrets... Ouvrir l'œil et lever le pied reste donc la meilleure formule : même s'ils ne sont pas encore automatisés et pas tous en fonction, il faut savoir qu'il existe une trentaine de radars mobiles actuellement dans la région!  J.-P. BONDUEL