Le vendredi 22 juin nous avons posés les questions concernant le PDU, voici le compte rendu de la réunion 

TITRE : Questions à M. ASTIER, Vice-Président chargé du PDU (Plan de Déplacements Urbains) à Lille Métropole Communauté Urbaine

 M. ASTIER nous a transmis des dossiers complets sur le PDU et une pile de résumés que nous transmettrons aux présidentes et présidents des associations adhérentes lors de notre prochaine réunion. Les associations ont une certaine perception du PDU que le collectif doit tendre à rendre la meilleure possible. Le PDU doit répondre à nos attentes, nous pourrons ainsi être également porteurs du projet.

 Les réponses de M. ASTIER en lettres italiques

 Le PDU est à notre sens le seul dispositif qui intègre les trois dimensions des nuisances : prévention du bruit, lutte contre la pollution atmosphérique, sécurité routière. Les problèmes sont imbriqués les uns dans les autres. Il faut tenir compte des répercussions des actions menées dans d’autres domaines : si comme le voudrait la DDE, les routes étaient plus « circulantes », la sécurité et l’environnement en pâtiraient. Le Collectif ne peut donc que s’inscrire dans une telle logique et soutient le PDU.

M. ASTIER : Je me félicite de la démarche globale de votre association, il est en effet impératif d’avoir une réponse cohérente vis à vis des nuisances routières en agissant conjointement sur ces trois plans : on ne peut pas agir ponctuellement pour régler, par exemple, un problème particulier de vitesse excessive ou d’encombrement dans un secteur routier.

1) Le collectif adhère aux idées développées dans le PDU mais s’interroge sur l’aspect pratique des recommandations émises.

M. ASTIER :Il est vrai qu'il y a déjà un an que Lille Métropole Communauté Urbaine (LMCU) a adopté sont PDU (c'était le 23 juin 2000). Cette année a été marquée par les élections municipales, le nouveau Conseil de la Communauté Urbaine est maintenant en place et le Président m'a à nouveau confié la responsabilité du PDU. Nous comptons démarrer notre action de communication. Le PDU est une révolution culturelle et nécessite la réorganisation de certains services. Vous citiez la sécurité routière, c’est maintenant la priorité n°1 dans les PDU en France, selon la volonté d’Isabelle MASSIN, déléguée à la sécurité routière au sein du gouvernement. Tout ce qui est inscrit dans le PDU est faisable, les actions seront menées petit à petit, parfois en fonction d’une opportunité (des travaux d’assainissement permettent de réétudier une voirie qui ne sera pas reconstruite à l’identique mais en tenant compte des principes édictés dans le PDU). Les prochaines décisions budgétaires devront concrétiser les priorités du PDU.

2) Nous sommes les maillons les plus proches du citoyen, nous bénéficions d’une bonne écoute et la presse nous ouvre facilement ses colonnes. Le PDU de Lille a été adopté le 23.06.2000, pourtant le citoyen en ignore le contenu. Les recommandations accordent une place importante au civisme pour résoudre les problèmes de comportement (vitesse excessive, utilisation abusive de la voiture, caractère anarchique du transport routier). Quelle part de la communication peut être donnée au collectif pour pouvoir opérer le changement dans les mentalités ?

M. ASTIER : Je ne peux pas vous dicter les actions que vous pouvez entreprendre. Vous pouvez, par contre, expliquer et avancer des propositions. Je suis convaincu que si l'aspect technique du PDU est important, c'est d'abord une révolution culturelle pour les élus, les techniciens, pour les habitants de notre métropole, et dans cette évolution des mentalités, les associations ont un grand rôle à jouer.

 3) Nous sommes favorables à l’interdiction du dépassement par les poids lourds accompagnée d’une limitation de vitesse à 110 km/h. Quelle est la position du PDU ?

 M. ASTIER : Le PDU a inscrit la limitation à 110 km/h sur l’A22 malgré l’avis défavorable de la DDE. Il faut à présent attendre la décision du Préfet. L’interdiction de dépassement n'est pas inscrite dans le PDU, mais rien ne vous interdit de militer pour cette interdiction.

Hervé DIZY : En effet, les usagers sont nombreux à ressentir l’insécurité générée par la forte présence de poids lourds sur les autoroutes de la Métropole.

4) La ligne de métro atteint l’hôpital Dron mais aucun parking gardienné n’est prévu pour y laisser son véhicule en sécurité (auto, moto, vélo). Ceci est un frein à l’emploi du métro. La gare de Tourcoing a cédé sa concession de parking à une société, les tarifs de parking n’incitent pas à emprunter le train en laissant son véhicule à la gare. Le PDU a en charge la partie stationnement, quelles actions peuvent-elles menées ? 

M. ASTIER : C’est en effet un problème. Historiquement, l’ancien directeur de CHR DRON, n’a pas voulu réduire les places de parking pour le personnel et les visiteurs alors que le métro arrivait à sa porte. C’est emblématique de ce problème de mentalités : ne touchez pas aux voitures. Un projet est en cours au niveau de la station Pont de Neuville sur le boulevard industriel de Tourcoing pour permettre le stationnement de plusieurs dizaines de véhicules à proximité immédiate du métro. Ce site présente l'avantage d'être très accessible par le boulevard industriel de Tourcoing.

 5) M. Bernard Derosier, président du Conseil Général, propose une subvention pour des actions de sécurité routière – Dans quelles limites pouvons-nous intervenir ? Peut-on associer LMCU par le biais du PDU dans ces opérations ?

M. ASTIER : LMCU n’a pas l’habitude, pour l'instant, de subventionner les associations œuvrant pour le cadre de vie. Ce sont plutôt les communes qui aident les associations implantées sur leur territoire.

 6) Les boues d’épuration peuvent produire du gaz combustible. Le PDU peut-il inciter cette production pour une utilisation dans les véhicules propres ?

 M. ASTIER : Il y a en effet des expérimentations très avancées sur la méthanisation des boues d’épuration qui ont été entreprises à Marquette et qui permettent, semble-t-il, d’espérer alimenter à brève échéance 7 à 8 bus. Je n’en connais pas les détails. Le volume de gaz produit n’est cependant pas suffisant pour faire fonctionner la centaine de bus qui seront équipés au GNV (Gaz Naturel de Ville). Ceci pose en outre le problème de la qualité du gaz qu’un équipement fixe serait peut-être plus à même d’exploiter (filtres, etc).

Hervé DIZY :  Il serait dommage avec l’intention de rouler plus propre de rejeter dans l’atmosphère des produits nocifs à cause d’un gaz mal purifié.  

7) La vitesse excessive est dénoncée par la majorité des habitants. La répression policière semble la seule méthode dissuasive mais elle est forcément limitée par les effectifs policiers. Trois mesures peuvent être adoptées :

- placer une « boîte noire » dans les véhicules pour enregistrer la vitesse et le temps de conduite. Les données pourraient être utilisées par les tribunaux en cas d’accident et déterminer la responsabilité des chauffards (créant ainsi effet "big brother is watching you" pour lutter contre le pas vu pas pris.. Ce boîtier pourrait également recevoir des indications sur la vitesse autorisée (les émetteurs des opérateurs de téléphones portables pourraient ajouter ces informations sur leurs fréquences) et signaler au conducteur les dépassements de la vitesse autorisée par un avertisseur sonore et lumineux. La conformité du boîtier doit être vérifiée pendant les contrôles techniques ou par les services de police.

- Limiter la puissance des automobiles pour les jeunes conducteurs comme c’est le cas actuellement pour les motos. 90% des véhicules peuvent atteindre 180km/h, peut-on limiter la performance pour lutter contre la pollution ? La mode des 4x4 arrive des USA, ces véhicules consomment plus et sont dangereux pour les autres, il est en contradiction avec les termes du PDU.

- Imposer un contrôle technique dès qu’une modification a été apportée au véhicule pour lutter contre les effets du « tuning ». En effet, les constructeurs laissent la porte ouverte à des changements importants de la puissance du véhicule (jusqu’à 50% de plus) en changeant une puce électronique.

M. ASTIER : Toutes ces mesures ne relèvent pas de la compétence du PDU mais de la responsabilité de l'état, c'est donc plutôt auprès de vos députés que vous devez exprimer votre point de vue. Je vous rappelle que la Communauté Urbaine avait réalisé l'installation de stations radar automatiques avec photo (cf les radars installés il y a 15 ans sur les mini-tunnels). Le cadre juridique est aujourd’hui tout à fait conforme rien ne s’oppose à ces installations.

8) Peut-on participer à la définition des micro-PDU concernant les zones couvertes par les associations adhérentes du collectif ?

 M. ASTIER : Les micro-PDU sont une bonne façon de concrétiser le PDU, soit dans un quartier existant où se posent des problèmes, soit à l'occasion d'un nouveau projet. Ces études seront menées de concert avec les communes et les principaux acteurs concernés. C’est aussi cela le PDU : la concertation.

9) Nombres de déplacements convergent vers les hypermarchés, peut-on envisager d’intégrer un centre commercial dans un micro-PDU ?

 M. ASTIER : Par nature, les hypermarchés périphériques ne sont pas partisans de toute démarche visant à réduire le trafic automobile. Leur intérêt est d’attirer le maximum de personnes dans le magasin. Le PDU est donc loin d’être une priorité chez eux. Cependant, en cohérence avec le Schéma d’Urbanisme Commercial communautaire, les prochaines implantations devraient faire l’objet d’un traitement « Micro-PDU »

 Cette constatation montre bien la limite des politiques que peuvent mener les différentes instances travaillant pour le bien être général. L'égocentrisme de certains intérêts peut mettre à mal les efforts menés.


9) Des zones « 30 » sont réclamées par des riverains. Comment instruire les dossiers pour les obtenir ?

 M. ASTIER : 2000 km de voiries sur les 4000 km que compte la métropole seront à terme en zone 30. ceci se fera progressivement en respectant le cahier des charges d'une zone 30, c'est à dire que l'on ne se contentera pas de faire des aménagements symboliques. 

  Hervé DIZY : Rappelons que 800 km de voiries sont classées comme bruyantes soit 20% du total des voiries.

10) Les pistes cyclables à aménager sur les départementales sont-elles de la compétence du PDU ou du Conseil Général ?

M. ASTIER : Il y a en effet des problèmes de compétences que je n’imagine pas facile à comprendre pour le citoyen. Des discussions sont en cours avec le Conseil Général sur ce point, mais le principe de base est que c'est le Département qui met en oeuvre le PDU sur les routes départementales.

 Mardi 26 juin 2001, rencontre avec M. Paul ASTIER en mairie de Bondues pour le Syndicat Intercommunal Lys Nord Métropole sur le projet Technologies de l’Information et de la Communication (TIC).

 Au cours des débats, Hervé DIZY rappelle que le facteur crucial de la banalisation des TIC est coût des communications. Aux USA les communications locales sont gratuites, naviguer sur l’Internet ne coûte moins de 5$ par mois quel que soit le temps que l’on y passe. Le télétravail devient alors une option viable pour les entreprises. Rappelons que le télétravail est également une solution au problème de transport que nous rencontrons dans la métropole.

 M. ASTIER : Il est vrai que la progression du télétravail est retombée. Le télétravail doit s’inscrire dans la logique du développement économique. C’est aussi une occasion pour une partie de la population de trouver du travail sans contrainte de déplacement.

Hervé DIZY : conjointement au télétravail, la télé-formation (e-tutoring en anglais) est réalisable actuellement du point de vue technique. Cela permet d’éviter la perte de temps en déplacements pour les élèves et les formateurs et aussi de permettre des cours plus pertinents, mieux ciblés et en adéquation avec les horaires de chacun.

 Par manque de temps (nous nous étions imposés 2 heures maximum) nous n'avons pas pu poser les questions suivantes:

Le pont SNCF qui est situé sur l’A22 près du lieu-dit « Pied de Bœuf » à Roncq doit être reconstruit. Ne faut-il pas profiter de l’occasion pour revaloriser la voie SNCF et y installer une liaison tramway Mouvaux-Tourcoing-Roncq-Halluin ?  

Certaines villes ont mis en service des navettes gratuites en direction des arrêts de métro, de bus ou des gares. Peut-on envisager de tels services si le parking gardiennés ne peuvent être mis en fonction ?  

Le projet autoroutier A24 n’est toujours pas inscrit au contrat de plan Etat-Région, ce qui laisse un répit d’au moins six ans. Quelle est la position de LMCU dans le dossier ?

Ce n'est que partie remise. Nous les soumettrons lors d'une prochaine rencontre.