Quesnoy sur Deûle

mercredi 15 mars 2006

Une ambiance très tendue, un député ex-ministre mal à l'aise
poussé dans les retranchements de ses contradictions


signature de pétitions contre l'A24

Dès l'entrée dans la salle, la tonalité anti A24 se faisait sentir par la présence de distributeurs de tracts et de personnes recueillant des signatures pour une pétition contre les tracés de l'A24

Il est 7h45, la salle se remplit rapidement

Les places sont de plus en plus difficiles à trouver, le fond de la salle commence à se noircir de personnes résolues à rester debout tant l'attente est grande.

M Top et les membres du collectif Quesnoysiens qui ont demandé cette réunion au maire

M. Jacques Houssin prend la parole en qualité de conseiller général du canton.

Plus de 600 personnes se pressent dans la salle polyvalente

M. Jacques Houssin et M. Roger Lefebvre, maire de Quesnoy sur Deûle qui va présenter un diaporama et dénoncer l'iniquité des tracés "saumon" ainsi appelés car c'est la couleur qui leur a été attribué sur les cartes de la DRE. Cela vaudra à ces tracés des analogies piscicoles, des saumons dont les Quesnoysiens ne se montrent pas du tout friands malgré tous les qualités de la Deûle qui traverse la ville.

M. Lefebvre fait un historique de l’histoire du projet:
– Le 17juin 2004, le ministre De Robien, à l’époque chargé des Transport et de l’Équipement, a pris la décision de réaliser l’autoroute et de confier l’étude préliminaire aux services de l’État.
– Nous en sommes actuellement aux études préliminaires et à l’évaluation comparative des 4 fuseaux.
– Fin 2006, après la phase de concertation publique, le ministre choisira un fuseau de 1000 mètres de largeur.
– Les deux fuseaux qui «tiennent la corde» sont le fuseau du tracé dit «historique» parce que prévu aux documents d’urbanisme depuis trente ans et le fuseau des tracés par le pont du Badou.
– Deux «variantes», inscrites en pointillés de couleur saumon sur les cartes présentées à Amiens, en janvier, passent l’une au nord de Quesnoy (par le Grand Cabaret et le Grand Perne), l’autre au sud (par la Croix-au-Bois et le hameau du Chien), l’une et l’autre servant de liens entre les deux tracés évoqués plus haut.


«Nous ne voulons pas de ces tracés saumon, nous préférons le tracé par le pont du Badou». "Nous ne demandons pas de faire l'A24 ailleurs que chez nous car en fait le tracé initial n'y passait pas".
 

Les Quesnoysiens approuvent, les personnes situées sur le tracé RN58 ne sont pas d'accord.

 


MP Daubresse: «Ces tracés reprenant les variantes saumon ne se feront pas. Je m’y engage personnellement.»

«Je connais bien le ministre Perben. Je peux même dire que c’est un ami. Je le vois, la semaine prochaine. Nous aurons une heure pour parler de tout cela…».
 

Début d'une longue série de prises de parole de M. MP Daubresse. D'abord les tracés saumons ne pourront jamais se faire. Si jamais il venait quand même l'idée à l'Etat de se prononcer pour ceux-ci, un recours au conseil d'Etat serait immédiat par les 125 maires de LMCU qui auraient toutes les chances de gagner. ces tracés n'ont jamais été inscrits dans quelques documents que ce soit, ils n'ont jamais été présentés aux élus.

MP Daubresse rappelle "qu'il a été l'initiative de grands projets dont le canal Seine Nord, qu'il préconise depuis 20 ans le fret ferroviaire, le combiné rail-route, qu'il a demandé la création de Dourge, un projet de 150.000 euros. Malheureusement les gouvernements de tous bords n'ont jamais été volontaristes en matière de ferroviaire ce qui a toujours laissé belle la part au transport routier."

"L'A24 se fera que vous le vouliez ou non."

la foule écoute patiemment les explications du député.

Question d’un membre du collectif quesnoysien contre l’A24: «Et si les Belges disent non à ce tracé par le pont du Badou (qui doit se raccorder à la RN58 belge), qu’est-ce que vous faites?».
Marc-Philippe Daubresse répond en se référant à la déclaration du président de la région flamande, lequel refuse instamment les tracés par Steenvoorde. lire l'article Communiqué DU GROUPE ACTION DE COMINES-WARNETON (le Bourgmestre contre l'A4)

Puis M. Daubresse se réfère au bourgmestre de Comines-Warneton qui «avait toujours été pour cette autoroute par le pont du Badou. Mais qui a changé».

Philippe Mouton présent dans la salle met les points sur les "i": désormais, plus personne, dans l’entité wallonne de Comines-Warneton (enclave francophone en terre flamande) ne veut de cette autoroute. «La RN58, c’est une desserte locale et non une autoroute. La transformer en A24 réduirait à néant les plans de développement de toute notre entité ».

Note de Hervé DIzy: il faut dire que des politiques belges pratiquent le double langage (facilité par le changement de langue) en déclarant à la presse en français à la presse française qu'ils sont pour le projet RN58 et en flamand à la presse belge qu'ils sont contre l'A24 sur la RN58. Neen = Oui ?  problème de traduction ou de duplicité?

M. Philippe Mouton, président d'Ecovie à Comines Belgique, un des rares belges dans la salle, certainement le seul, apostrophe le député

Contrairement à ce qui a été dit, les Belges ne veulent pas transformer la RN58 en autoroute de transit internationale, c'est une route de liaison qui n'a pas cette vocation que veulent lui donner les Français. Les ponts ne sont pas prévus pour ce trafic de 10.000 poids lourds. D'autres personnes ajouterons que la RN58 se réduit à une petite voie à Menin où les habitants refusent depuis des décennies la mise en 2x2 voies de la RN58.


Le député réfute.

Il y en a assez de ces personnes qui changent toujours d'avis, qui disent NON à toute solution A24. L'A24 va se faire car en Picardie les élus pleurent pour avoir cette autoroute. Le député annonce le chantage suivant: L'A24 si elle s'arrête à Béthune va déboucher sur la RN41 et la rocade Nord Ouest. Est-ce que c'est cela que vous voulez. Les opposants à l'A24 veulent le scénario du pire pour forcer à se résoudre à utiliser les transports en commun. Il faut faire l'A24 par le pont du Badou pour éviter tout scénario catastrophe.


M. Couture, un habitant de Radinghem, prend au mot le député sur le recours
qu'il devrait appuyer pour les tracés du côté de Fleurbaix qui n'ont jamais inscrits eux non plus.

Mme Guffroy de Violaines rappelle la présence des champs captant qui ont déjà interdit le passage de la partie Sud Ouest du ring Lillois. L'A24 est une autoroute à contre sens.

Il faut savoir qu’un arrêté préfectoral en date du 29 novembre 2002 déclare d'utilité publique la dérivation des eaux souterraines et l'établissement des périmètres de protection immédiate et rapprochée autour des captages d'eau potable du S.I.A.D.E.B.P. situés à Givenchy les La Bassée et Violaines, hors le tracé du fuseau 2 coupe en deux ce périmètre de protection rapproché. Nous ne sommes pas les seuls dans ce cas car il me semble aussi que dans la commune d’Annequin le tracé traverse un périmètre protégé, et ce qui est sur, c’est que selon les propres termes de la DDE, le fuseau 2 traverse sur plus de 10 km un champs captant dit « irremplaçable » à hauteur de Béthune …

Note: La position du SIADEBP est bien entendu contre cette autoroute (ils ont d’ailleurs installé de grands panneaux anti-A24 aux limites de la zone de protection rapprochée. En revanche la position d’Artois Comm. est loin d’être logique (et pour cause : président Alain Wacheux maire de Bruay la Buissière et entre autre vice président Jacques Mellick maire de Béthune) puisqu’ils se prononcent pour l’A24 alors qu’un bon nombre des communes faisant partie de cette communauté d’agglomérations sont contre. Encore une fois, une minorité d’élus prennent la parole au nom d’autres élus sans concertation dans le seul but de faire croire qu’ils sont tous unis dans leurs idées.

 

Il y a bien un problème de champs captant mais il y a plusieurs niveaux de sensibilité de ceux-ci,
il ne faut pas tout confondre.

 

M. Mathieu Bouche, directeur commercial des Transports Rouch, leader en matière de combiné rail route.

Les transports Rouch sont filiale à 99% de la SNCF mais la SNCF leur tire dans les pattes: elle supprime la liaison Lille-Perpignan - les lignes de transports vont vers l'Alsace puis Lyon quand la dorsale du trafic va de Lille à Paris. La SNCF réduit son offre et augmente ses tarifs sans crier gare alors qu'elle clame vouloir amplifier le fret ferroviaire.

Le député écoute sans pouvoir répondre.

Mme Claudine Maes fait entendre la voix des Houplinois dont la ville va être saccagée par le passage de l'A24 si elle se fait sur le tracé préconisé par le député.

Le maire de Quesnoy met fin aux débats car il avait réservé cette soirée aux Quesnoysiens et ceux-ci ne peuvent pas s'exprimer car ce sont des personnes extérieurs qui prennent le micro. Il n'est pas question non plus de faire l'A24 à Houplines pour rejoindre la RN58.

Hervé Dizy le 16.03.2006

Photos: Jean-Marie Delorge et Hervé Dizy

PS: je pense m'être bien débrouillé en me plaçant près du porteur de micro pour le faire donner aux personnes que j'avais invitées pour qu'elle puisse s'exprimer de façon pertinente sur le sujet. Pour respecter la volonté de M. Lefebvre, je n'ai pas pris la parole qui était réservée aux Quesnoysiens. J'aurais bien aimé faire une intervention sur la misère sociale qui s'installe sur les routes quand les chauffeurs routiers des pays de l'Est doivent vivre chez nous avec des salaires misérables: ils gagnent 500 € par mois pour 72 h de travail hebdomadaire (un chauffeur français coûte 4000 € avec les charges pour 52 h de travail par semaine et il s'attend à revenir chez lui). Au début il vendent des pièces des camions tous neufs que l'Europe a permis à leurs patrons d'acheter, mais ils volent aussi sur les camions des autres pour pouvoir manger, les aires de parking des autoroutes sont de plus en plus de lieux d'insécurité, de plus en plus bondés (car les routiers ne peuvent plus s'arrêter où ils veulent). En mai 2004, date de l'ouverture des frontières, il y a eu 14% de plus d'accidents de la route impliquant des camions en Allemagne.

Faire l'A24 sans chercher à résoudre ce problème, c'est aggraver la situation déplorable sur nos route.