Intervention réunion publique du 7 février 2006

 

 

Monsieur le Directeur Régional,

Monsieur le Député,

Messieurs les Conseillers Généraux,

Mesdames et Messieurs les Elus,

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

 

Dans les Weppes depuis 35 ans, l’A1bis puis l’A24 et son fameux tracé historique agit, telle une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes, sur le développement de nos communes.

 

Les décideurs : Monsieur Gilles de Robien alors Ministre des Transports en tête ont pris la décision le 17 juin 2004, après consultation du rapport de la Commission du Débat Public de 2003/2004 de construire l’A24. La commande des Etudes Préliminaires à été passée au Préfet du Nord-Pas-de-Calais le 25 janvier 2005. Deux réunions du Comité de Suivi des études préliminaires ont été organisées, la première à Lille le 28 juin 2005, la deuxième à Amiens le 19 janvier dernier.

 

Donc, la décision qu’il était utile et intelligent de construire cet A24 a été prise par nos éminents responsables.

Nous avons exprimé notre désaccord avec cette décision durant toutes les phases de consultation, et nous entendons l’exprimer encore ce soir.

L’état et ses services  chargés des études doivent entendre notre refus de nous résigner à voir le passage de l’A24 massacrer notre secteur des Weppes. 

 

Globalement, en dehors de la Picardie qui voit une nécessité à l’A 24, la position de bien des Maires concernés, notamment autour de Lille, est parfois très surprenante. Ils disent OUI à l’autoroute, qui devrait soi disant désengorger la Métropole, qui devrait soi disant desservir les zones d’activités alors que nous ne sommes pas capables localement de prendre le taureau par les cornes pour créer rapidement des voies de desserte pour ces zones et qui devrait soi disant amener plein d’autres  bienfaits … mais cette autoroute, pas chez eux … un peu plus loin chez le voisin !

 

Ici, une liaison autoroutière ne nous apporterait strictement rien, si ce n’est de couper en deux nos villages, d’engendrer des nuisances, et de détruire notre économie agricole.

Donc, c’est NON, NON et NON.

 

Monsieur le Directeur, vous imaginez que nos populations ici présentes, ne sont pas venues pour approuver ni le tracé dit « historique », ni la multitude de variantes et sous-variantes que vos services ont tracé à grands coups de crayons, dans tous les sens autour des quatre fuseaux prévus initialement. Certes, vos services ont la lourde tâche de devoir envisager toutes les possibilités pour faire passer cette liaison autoroutière. Mais avez-vous imaginé l’impact de tous ces tracés sur les habitants dont on massacre la vie quotidienne : bruit continu 24h sur 24, maison invendable … Notre secteur est déjà meurtri par la ligne TGV . La méthode autoritaire avec laquelle cette cicatrice dans nos territoires nous a été imposée reste présente dans tous nos esprits, élus et habitants. Nous ne voulons pas voir notre territoire haché une fois de plus par une liaison autoroutière qui n’a pas sa place dans les Weppes.

 

Tous ces traits de couleurs sur vos cartes ont mis le feu à nos campagnes.

Nous ne pouvons que comprendre la colère de nos administrés

Nous vous demandons de comprendre aussi la nôtre, celle des élus.

Nous venons de passer deux années à travailler sur nos Plans Locaux d’Urbanisme qui se voient devenus obsolètes du jour au lendemain. Imaginez que nous avons, parfois pendant de longues heures, débattu pour placer les zones d’extension de l’urbanisation pour qu’elles soient au calme, loin du bruit d’une autoroute. Repéré par le SDAU comme « poumon vert » de la Métropole Lilloise, nous avons conçu tout un réseau de chemins dit de type « liaison douce » permettant de se promener à pied ou en vélo au travers de notre territoire. Tout cela figure sur nos documents d’urbanisme mis à disposition des services de l’Etat pendant trois mois, début 2005, au travers des projets arrêt PLU. Et voilà que l’on découvre que toute notre réflexion n’a servi à rien parce que l’Etat étudie les différentes solutions pour l’A 24 sans même consulter ces Arrêts Projets PLU. C’est faire fi de notre travail et c’est un manque de respect des heures de dévouement que passent les Maires et les Conseils Municipaux des petites communes pour faire vivre celles-ci et prévoir leur développement de façon harmonieuse. Je l’ai exprimé à Amiens et je vous le réaffirme ici ce soir, je suis furieux de voir l’Etat avoir aussi peu de considération envers nous, envers nos populations, avec un mépris qui est inacceptable.

 

Au lendemain de la réunion d’Amiens, la Voix du Nord parlait des petits maires en colère. Il faudra tenir compte de ces « petits » Maires en colère. Loin des hémicycles et des cercles de pouvoir, ils ne sont les obligés de personne . Ils n’ont qu’une ambition : défendre leur territoire et leur population.

Je ne vous le cache pas, le feu couve et tant que les dernières ramifications n’auront pas disparu de vos cartes, l’explosion est capable d’enflammer un grand secteur.

Je vous demande donc officiellement le retrait pur et simple des variantes apportées en plus du tracé historique dans notre secteur.

 

Maintenant, permettez-moi d’en venir à ce fameux tracé historique.

Si nous reprenons l’histoire de l’ex A 1bis, celle-ci avait été prévue pour délester le trafic de l’A 1 et notamment le fret des poids lourds sur un axe Nord-Sud. (autoroute de transit)

Lors du Débat Public, c’est encore sur ce terrain essentiellement, que les discussions se sont déroulées. Si cette liaison a toujours cette destination, elle n’a rien à faire aussi près de la Métropole Lilloise.

 

Si l’Etat et les politiques poursuivent leur volonté de la voir passer près de Lille pour résoudre des problèmes de desserte de zones économiques et de déplacements urbains (autoroute de desserte) , ils se trompent. L’A 24 ne fera que ramener des flux supplémentaires vers la Métropole et ne solutionnera en rien les problèmes de circulation de la métropole, bien au contraire. La réponse pour nous :ç’est un réseau de transport en commun adapté et pas une autoroute de plus.

 

Les accords de Kyoto, signés par la France, prévoient une réduction des émissions de gaz à effet de serre

De plus, les réserves de  pétrole sont limitées et le devoir de tout responsable est d’intégrer cet élément dans sa réflexion.

Gaz à effet de serre, pétrole, le « tout autoroutier » est la plus irresponsable des solutions.

Alors que les voies navigables, le canal Seine-Nord, le ferroutage et le mer-routage sont autant de solutions d’avenir

Professionnel dans le domaine de la santé, je suis particulièrement sensibilisé aux problèmes de pollution qui seront engendrés par cette liaison autoroutière. Les indicateurs sont au rouge sur toutes les incidences sur le système respiratoire liées au trafic routier de proximité. Chaque été les Préfectures doivent limiter la pour cause de pollution et de saturation de l’air à cause des pots d’échappement. Pour l’agriculture (surtout légumières et maraîchères), le passage d’une autoroute a des conséquences en matière de santé publique connues mais pas encore reconnues publiquement. Nous rappelons que  Notre secteur des Weppes est gros fournisseur de ces produits pour la Métropole.

Même les petits maires ont le droit de réfléchir et d’avoir du bon sens

 

Revenons un instant à notre poumon vert, notre terre de Weppes

L’Etat semble oublier que lors de l’élaboration du Schéma Directeur de l’arrondissement de Lille, un certain nombre de termes ont été actés : une trame verte a été inscrite sur la carte correspondant à la « préservation et au développement de la qualité du paysage ». (cela figue sur les pages 244-245 du SDDU) ; la protection « des exploitations très spécialisées, à haute valeur ajoutée sur la couronne verte du Nord-Ouest et Sud-Est de la Métropole » (pages 72 et 73 du SDDU) ; Le même schéma a inscrit en « zone agricole protégée » les territoires homogènes et de grandes cultures des Weppes et  souligné que notre « couronne verte  devrait obtenir un statut particulier » (page 190). A-t-on consulté ce schéma directeur pour étudier les possibilités de passage de l’A 24 sur nos terres ? 

 

 

Dans les conclusions du Débat Public, plusieurs choses ont été notées et actées:

-         développer les autres modes de transports et l’intermodalité ;

-         l’évocation très développée des problèmes environnementaux et notamment, la préservation des Weppes qui a été défendue avec la plus grande insistance ;

-         le problème du contournement de Lille et le fait qu’il a été souligné que les difficultés actuelles seraient aggravées par l’arrivée d’un nouvel axe autoroutier.

-         Les espaces ruraux sont fragiles. Certains sites sensibles identifiés lors du débat sont à proscrire de tout tracé éventuel ou à éviter dans la plus large mesure du possible. 

 

 

En conclusion :

 

-         Réserve de pétrole, effet de serre, santé publique : est-il responsable de  construire de nouvelles autoroutes dans notre région ?

-         Desserte locale de la métropole : oui au transport en commun, l’A24 n’est pas la solution

-         Secteur des weppes poumon vert de la métropole : au nom de quoi sommes nous autorisés à le polluer et à le massacrer ?

Non à des tracés obsolètes pour un mode de transport obsolète

 

Je souhaite que le débat qui va suivre se déroule dans le calme et la sérénité.

C’est indispensable pour servir notre cause.

Nous avons demandé à nos populations d’être à nos cotés pour manifester notre colère.

De manière responsable, notre mobilisation est totale parce que notre combat est juste.  

 

Lettre du maire de Le Maisnil, M. Borrewater, à Monsieur Daubresse

Délibération du conseil municipal du 27 mars 2006 de Le Maisnil