Comment rendre le fret " intelligent " ?

Si les transports sont un mal nécessaire, pourquoi ne pas les rendre « intelligents », donc moins polluants, grâce aux nouvelles technologies de l'information et de la communication ?

Pour en discuter, 170 professionnels sont réunis à  Lille pour un colloque sur le « fret intelligent ».

Hervé Pignon, délégué régional de l'ADEME (Agence de maîtrise de l'énergie) l'a rappelé hier matin : la réduction des gaz à effet de serre est une nécessité vitale. C'est à eux qu'on doit l'augmentation de la température du globe de 0,6° en un siècle. « Si nous maîtrisons la consommation d'énergie, l'augmentation de la température dans 100 ans ne sera que... de 2 degrés ! », dit-il.

L'objectif rappelé par Jean-Pierre Raffarin, c'est de réduire par quatre, d'ici 2050, les gaz à effet de serre en France, et par deux la consommation d'énergie. Si on parvient à réduire le gaspillage d'énergie dans le bâtiment, et à développer l'usage des énergies renouvelables, la consommation d'énergie dans les transports explose littéralement ! D'où le concept de « fret intelligent ». Et la création, fin 2001, d'une mission ministérielle sur les « transports intelligents ». Jean-Marie Delbecq est le président de Transports Terrestres Promotion Nord - Pas-de-Calais, l'association à l'initiative de ce colloque financé par l'ADEME et par la Région.

Nord-Eclair : c'est quoi, le fret intelligent ?

Jean-Marie Delbecq : « L'application dans les transports es nouvelles technologies, l'électronique et l'automatique, Pintemet et le GPS ».

N.E. : pourquoi un colloque à Lille ?

J-M D. : « Parce que le Nord - Pas-de-Calais est traversé par un flux de fret qui augmente de 6 % par an, surtout des camions. Tous les dix ans, ça double presque... Et il y a, grâce à notre réseau fluvial, une vraie possibilité d'intermodalité. Mais si on veut développer l'intermodalité, il faut gérer au mieux les interfaces entre les acteurs, les ruptures de charge et le flux de marchandises »..

N.E. : notre réseau ferré est-il à la hauteur ? 

J-M D. : « II est dense, et les deux points noirs qui subsistent à Ostricourt et Hazebrouck devraient bientôt être résorbés... Non, la difficulté c'est le développement du TER, qui va prendre de plus en plus de "sillons". Si on veut développer l'intermodalité dans le Nord - Pas-de-Calais, il va falloir réaliser des investissements lourds pour le fret ferroviaire ».

N.E. : et le fret routier ?

J-M D. : « Les transporteurs ont été les plus difficiles à faire venir à ce colloque, qui est en avance sur la réalité du terrain... Chez les routiers, il y a beaucoup de PME, et 95 % ne sont pas équipées en systèmes embarqués intelligents. Mais certaines grandes entreprises le sont, comme Saint-Amould, dont les 100 camions ont tous un système qui permet de transmettre des informations... De toute façon, le vieux chrono tachygraphe avec son disque en carton doit être remplacé dans tous les camions en Europe par un ordinateur qui enregistrera toutes les données sur un an... La même chose existe sur les barges, à titre expérimental. Les bateliers naviguent en liaison avec les voies navigables et les éclusiers... Le fret ferroviaire est par contre très en retard : la SNCF n'a pas beaucoup investi dans les matériels, sans parler des systèmes avancés de ce genre ! ».

N.E. : et Dourges ?

J-M D. : « C'est un atout supplémentaire. On veut aussi mettre en réseau les 9 plates-formes multimodales de la région. Et on en est au stade de l'avant-projet... ».

A.P.