Les options du tracé historique A24

Il ne faut pas croire que les vallées de la Lys et de la Deûle soient hors d’atteinte de l’A24

Voici une mise à jour du dossier A24. Ayant obtenu la version couleur des documents je vous transmets la superposition des tracés et du schéma directeur. Cela va intéresser les habitants des vallées de la Lys et de la Deûle : alors que M. Daubresse et M. Vanneste nous affirment que le tracé historique est exclu, la Direction Régionale de l’Equipement persiste et propose des tracés alternatifs ce qui menace la majeure partie de ces territoires.

Les plans donnés par la DDE sont parfois difficiles à interpréter,
c'est la raison pour laquelle j'ai plaqué le schéma ci-dessus
sur le Schéma directeur de 2001.
On perçoit ainsi mieux les zones menacées par l'A24.
Il y a le tracé historique connu de tous mais les options C1 et C2
sont bien préoccupantes.

Notre grande crainte est que l'Etat choisisse la solution la plus facile: la liaison directe à travers la métropole. Le discours officiel des politiques est qu'il faut que le trafic de transit évite le coeur de Lille car il emprunte actuelle l'A22 puis la VRU de Lille. Les nouvelles options C1 et C2 apparaissent ainsi comme des échappatoires pour M. Daubresse, maire de Lambersart. Si la solution N58 n'est pas retenue (les Belges faisant blocage à Menin), l'option C1 éloigne le tracé historique de sa bonne ville de Lambersart. On évite ainsi le coeur de Lille comme promis mais le poumon vert qu'est la vallée de la Lys-Deûle est sacrifié pour l'occasion. M. Daubresse nous a promis que le tracé A24 est une aberration, qu'il avait eu l'assurance du ministre que le tracé par la N58 était le plus pertinent. Mais c'est un détour pour les routiers, ce n'est pas le désir des belges. Qui aura raison?

M. Bonduelle, président de la CCI de Lille, insiste sur la nécessité d’une A24 sur la métropole, « on peut la couvrir pour éviter les nuisances », mais à quel prix ? La région et le département ne veulent pas participer au financement d’un milliard d’euros, une section couverte coûte trois fois plus cher, où va-t-on trouver l’argent ? Une autoroute ne peut être payante sur le sol métropolitain faut-il encore le rappeler ? M. Balduyck, maire de Tourcoing, a toujours dit que la seule chance que nous ayons est que la partie gratuite soit considérée comme trop onéreuse au vu du trafic qu’elle peut amener sur la partie payante. Mais la vente à des intérêts privés par le gouvernement de l’exploitation des autoroutes aiguise les appétits, sur le long terme le raisonnement sera faux : les contribuables vont payer la note puis des intérêts privés vont récupérer le pactole et nous la pollution.

La pollution atmosphérique ne sera pas traitée de toute façon. La seule solution qui n’a jamais été envisagée est celle d’intensification de la solution ferroviaire. Le train-bloc existe, il suffit d’y croire au lieu de casser cet outil comme le fait la SNCF.

Le partie nord : de l'A 26 à la Belgique

Famille de fuseaux rejoignant la Belgique par l'A22 (2B - 2C) (couleur rouge)

Ce fuseau, dit • historique - A22 •, est réservé dans les documents d'urbanisme ; il mesure 44 km.

L'environnement

Les contraintes majeures

Ce fuseau engloba un puits de mine situé sur le commune d'Annequin, au nord-est de Noeux-les-Mines (fosse 9 puits 9bis) ; le tracé historique proprement dit évite cependant ce puits (il passe à 100 m).

Les contraintes fortes

Le fuseau traverse une zone humide, l'Argilière, gérée par le conservatoire régional, sur la commune d'Annequin ;

II passe dans le périmètre de protection du captage de Noyelles-les-Vermelles, juste au nord de l'A26 ;

Ce fuseau traverse également le périmètre protégeant les deux captages de Violaines, au nord-ouest de Béthune.

Les milieux nécessitant des inventaires complémentaires

Deux petits espaces classés, boisés, situés à l'ouest de Foumes-en-Weppes (de surfaces respectives approximatives 2,4 ha et 0.7 ha) sont englobés dans le fuseau.

Les autres contraintes

Ce fuseau traverse un champ captant irremplaçable, situé à hauteur de Béthune, sur plus de 10 km ;

La ZPPAUP située sur la commune de Beaucamps-Ligny, définie par arrêté du 30 avril 1999, et couvrant une superficie de 461 hectares, est traversée par le fuseau sur une longueur d'environ 2 km.

L'aménagement du territoire

Dans cette section le fuseau s'inscrit dans une zone déjà largement desservie par les RN 41 et 47 en cours d'aménagement à 2x2 voies. Cette section est marquée par le développement rapide de l'aire métropolitaine périurbaine lilloise en direction des Weppes et du Bas-Pays de Béthune. Dans le système d'infrastructures routières de l'agglomération, la LAALB viendra offrir des capacités nouvelles pour le trafic interurbain, directement ou par des effets de report. 11 appartient aux collectivités concernées de se prononcer sur le devenir d'un territoire manifestement stratégique. L'axe Lille-Béthune soulève des enjeux stratégiques qui concernent, mais au" dépassent, le débat sur la LAALB.

En outre, à la demande du SMESCOTA qui avait engagé des études de pré-faisabilité d'une liaison Béthune-La Basses, les études d'opportunité d'une telle liaison ont été engagées dans la cadre du CPER 2000-2006. II conviendra de porter une attention particulière à l'articulation des fonctions de cette dernière avec celles de la LAALB, et de leurs effets respectifs.

Par ailleurs, ce fuseau présente l'avantage d'être le plus direct et donc le plus efficace du point de vue de l'écoulement du trafic de transit, mais il a l'inconvénient de se dérouler intégralement dans une zone très urbanisée. Les enjeux d'aménagement sont an cours d'étude dans ce secteur périurbain diffus où les infrastructures sont nombreuses et où il est nécessaire d'approfondir l'impact da la LAALB en terme d'enjeux d'aménagements sur ce territoire.

Le coût et les difficultés techniques

Le passage dans une zone aussi urbanisée posera de nombreux problèmes, tel que le franchissement du TGV, qui se trouve déjà à 12 m de hauteur, et qui, selon le tracé, devra être franchi de biais. En outre, l'échangeur avec l'A25 devra se situer entre le passage du TGV et l'échangeur d'Englos: il sera techniquement difficile à réaliser, du tait du manque de place.

En incluant le linéaire, deux grands échangeurs sur l'A26 et l'A25, le raccordement sur l'A22 et son élargissement à 2x3 voies sur une certaine distance, ainsi que la reprise d'échangeurs existants qui contraindraient le démarrage de la LAALB, ce fuseau aurait un coût de 420 millions d'auras.

Des variantes

Deux tronçons assurent la jonction entre le fuseau 2Ca (qui rejoint le Pont du Badou - cf. ci-dessous-) et le fuseau historique, ce sont les tronçons cl et c2.

• Le tronçon c1 est le plus au sud, il part du nord de l'A25, au sud-est d'Armentières, et rejoint le fuseau historique à l'est de Quesnoy-sur-De01e ; (I mesure environ 12 km de long. Ce tronçon ne présente aucune contrainte environnementale majeure, mais il intercepte la zone humide située à l'est d'Armentières sur à peu près 2 km, nécessita le franchissement de la Deûle, et traverse la vallée de la Lys sur presque 6 km.

• Le tronçon c2, également long da 12 km, part à hauteur de Houplines et rejoint le fuseau historique au sud de Linselles. Du point de vue environnemental, ce tronçon est moins bon que la tronçon cl : en effet, au nord de Houplines, il traverse un espace classé boisé où se trouvent des plans d'eau, des prairies, et des peupleraies récentes. En outre, ce tronçon coupe la zone humide située à l'est d'Armentières sur 6 km, longe la plaine alluviale de la Lys (zone humide), et franchit la Deûle en aval de Quesnoy-sur-De01e.

La conclusion

Le point délicat de ce fuseau réside dans le passage proche de la zone urbanisée lilloise. II présente des difficultés techniques et un coût élevé d'une part, il soulève de délicats problèmes d'aménagement du territoire d'autre part. Mais cette famille de fuseaux est aussi la plus directe, et la plus simplement reliée au réseau belge existant

Les fuseaux arrivant au Pont du Badou (2Bb - 2Ca) (en rouge tireté) Ce fuseau mesure 32 km.

L'environnement

Ce fuseau présente les mêmes contraintes environnementales que le fuseau précédent, hormis le fait qu'il ne traverse pas la ZPPAUP de Beaucamps-Ligny. Par ailleurs, la zone humide associée à la Lys, 8 l'est d'Armentières, est traversée par ce fuseau sur une distance d'environ 3 km. Un espace classé, boisé, situé au nord-ouest d'Ennetières-en•Weppes, coupé par le fuseau sur environ 3' ha, fera l'objet d'un inventaire complémentaire. De plus, ce fuseau traverse la vallée de la Lys, zone inondable, sur environ 5 km.

L'aménagement du-territoire

Ce fuseau présenta l'avantage de réutiliser une infrastructure existante. II évite un nouvel effet de coupure, ainsi que les nuisances sur le versant nord ouest de l'agglomération lilloise. Le risque d'accélération du phénomène d'étalement urbain est également très présent dans cette solution. Choisir un aboutissement de la LAALB en direction du versant belge de la Lys interpelle à la fois la LMCII , particulièrement ses élus de l'ouest, et les collectivités wallonnes et flamandes concernées.

Le coût et les difficultés techniques

De même que pour le fuseau historique, l'échangeur avec l'A25 constituera une difficulté, ainsi que le passage dans l'agglomératlon lilloise; bien que, dans ce damier cas, l'impact soit moindre que celui du fuseau historique. Le coût de ce tronçon serait de 300 millions d'euros, en prenant en compte sa longueur, et un échangeur Important sur l'A25.

Des variantes

Un tronçon (repéré • b • sur le plan) offre une alternative entre les points de raccordement sur A26 et A25. II débute au niveau de Laventie, et se termine eu nord de Radinghem-en-Weppes. II mesure environ 7 km. II ne présente aucune particularité environnementale.

Par ailleurs, une variante est possible à partir de l'A25 : elle nécessite une baïonnette sur l'A25 sur un peu plus d'un kilomètre, puis rejoint le tronçon qui débute juste à l'est d'Annentières (repérée • b > sur le plan). En ce qui concerne l'environnement, ce tronçon ne présente aucune contrainte majeure; II traverse toutefois une zone humide sur environ 4 km, dans la vallée de la Lys.

La conclusion

Cette solution de raccordement sur le pont du Badou présente l'avantage d'éloigner le tracé de l'urbanisation lilloise. Elle est cohérente avec les principes du schéma directeur de Lille adopté en 2002. Cette liaison est moins efficace qu'un raccordement sur l'A22, du fait du passage par deux échangeurs supplémentaires ; mals l'allongement du parcours peut trouver sa contre partie pour les véhicules en transit dans une moindre attente dans les encombrements sur A22. En outre, ce raccordement nécessitera un aménagement de la RN 58.