Forum A24 du 27 septembre 2003 à Linselles

voir aussi Manisfestation A24 Linselles 27 septembre 2003

chaque participant compose actuellement un résumé de son intervention,
je les mettrai en ligne au fur et à mesure dès réception des textes.


M. Dominique Bouvry président de PLAINE ouvre les débats

Aujourd’hui, le dossier de l’A24 est ressorti… Avec un nouveau nom : LAALB pour Liaison Autoroutière Amiens Lille Belgique. A1 bis, A24, LAALB, les noms changent mais le projet est toujours le même. 

La position de PLAINE est claire. Nous sommes opposés à la réalisation de cette autoroute dans son ensemble, depuis Amiens jusqu’à Roncq.

On nous parle d’effet de serre et de bouleversements climatiques, le Président de la République lui même insiste sur la nécessité du développement durable, mais on continue à construire des autoroutes qui ont le défaut de stimuler le transport routier. 

Madame Istas, présidente de la Fédération Nord Nature, développera tout à l’heure, beaucoup mieux que moi, notre position.

Quand nous disons qu’il faut développer le transport de marchandises par rail et par voie d’eau on nous répond souvent que nous avons raison…mais que ce sont des solutions à long terme, et qu’il faut des réponses à court terme au problème de saturation de l’A1, et que tout ce qu’on peut faire à court terme c’est une nouvelle autoroute. Mais j’entends çà depuis 10 ans et d’autres l’entendaient avant et rien ne change. 

Puisque nous sommes à Linselles, il me faut aborder l’aspect local du dossier. Cette autoroute est une voie de transit international qui n’aura aucune retombée économique positive sur notre territoire mais qui aura des effets considérables sur notre environnement et notre santé. 

Il me semble qu’aujourd’hui, la plupart des élus de la métropole, disent qu’ils ne sont pas favorables à la traversée de la Communauté Urbaine par l’A24. Mais ils ont quand même voté, il y a peu, le SDAU où figurait l’emprise de l’autoroute, ce que souligne, dans ses dernières lignes, le dossier de saisine de la Commission Nationale de Débat Public. 

Maintenant, je voudrai faire une demande, devant vous, à nos élus.

Puisque vous pensez que c’est contraire à l’intérêt public de faire passer une autoroute de transit au cœur d’une agglomération d’un million d’habitants, nous souhaitons qu’à l’occasion de ce débat public, vous demandiez que ce tronçon soit retiré du schéma national autoroutier et qu’ainsi vous puissiez supprimer du SDAU et des futurs PLU l’emprise de cette infrastructure. Ne reportez pas cette question à 2015 comme cela a été dit. 

Et pour appuyer cette proposition, nous demandons aux maires des communes concernées de mettre à l’ordre du jour de leur prochain Conseil Municipal le vote d’une délibération d’opposition à cette autoroute.

Je sais qu’un tel vote n’aura pas valeur légale, mais il contribuera , comme notre rassemblement d’aujourd’hui à faire échec à ce projet.

Il est temps pour tous de clarifier sa position.

 


Mme Jacqueline Istas, présidente de la Fédération Nord Nature

Nord Nature s'oppose au projet de l'A24

Une nouvelle autoroute créerait une nouvelle coupure des espaces dans une région qui est déjà parmi les plus morcelées de la planète.

En incitant à toujours plus de trafic routier, elle contribuerait à une augmentation des émissions de gaz à effet de serre qui provoquent de graves dérèglements climatiques. Nous préconisons plutôt le développement du trafic fluvial, notamment la réalisation rapide de la liaison fluviale à grand gabarit Seine Nord et celui du combiné rail-route. Faute de mieux, la mise à 2 fois 2 voies de routes déjà existantes éviterait au moins une nouvelle coupure de l'espace.

Quant aux transports, nous pourrions en limiter le nombre en consommant le plus possibles de produits locaux. Faire transporter des biens ou des denrées sur de longues distances est un gaspillage d'énergie non renouvelable, en induisant le véritable coût des transports au niveau du consommateur, les produits locaux deviendraient plus attractifs. De cette façon nous pourrions combattre l'inflation du nombre de transports et le besoin en nouvelles routes.

 


M. Jacques Rémory, maire de Linselles

J. Rémory ne s'y oppose pas mais suggère un autre tracé

Alors qu'une manifestation anti-A24 conduite par l'association PLAINE se déroulera cet après-midi dans sa commune, le maire de Linselles faisait part hier; au cours d'un point presse, de sa position quant au projet la liaison autoroutière Amiens-Lille-Belgique. Le maire ne dit pas
non à l'A24.

Jacques Rémory est formel. Il ne prendra pas position cet après-midi au forum organisé par l'association PLAINE. « Je n'ai jamais dit que je m'exprimerai à l'occasion de cette manifestation contrairement à ce que j'ai pu lire. Je serai présent car il est tout à fait naturel qu'un maire soit présent à une manifestation organisée dans sa commune », note d'emblée le premier magistrat tout en évoquant des rapports tout à fait cordiaux avec PLAINE.

Et de sonner un peu les cloches à la section du PS qui réclamait tout récemment dans un communiqué une délibération du conseil municipal sur l'A24. « Le conseil municipal n'attend pas les directives des groupes politiques pour se prononcer. En l'absence de projet défini, le conseil municipal ne peut pas statuer, il n'y a pour l'instant aucune demande officielle faite aux maires des communes concernées. Le conseil municipal prendra une délibération au moment voulu », déclare-t-îl.

Alors que des panneaux « Non à l'A24 » fleurissent ici et là dans la commune, la position du maire de Linselles est claire. Il parle au nom de son équipe : « Nous ne sommes pas contre l'A24. Cette nouvelle liaison est indispensable pour désengorger l'Ai mais aussi l'A22, PA25 et la VRU. Mais le tracé n'est pas le meilleur pour notre secteur ». Dans les projections (vieilles de 30 ans) le fameux axe arriverait de Roncq au niveau de la clinique Saint-Roch pour traverser Linselles à hauteur du chemin du Christ (en bas de la Croix-Blanche) vers le Domaine de la Vigne de Bondues qu'il longerait. « D'après moi il y a des traversées impossibles dans ce tracé notamment pour le
passage au dessus de l'A22
», évoque Jacques Rémory.

S'il n'est pas contre ce projet d'autoroute, il pointe une autre alternative avec un contournement par l'Est de la métropole lilloise pour rejoindre la plate-forme multimodale cfe Dourges via une liaison Courtrai-Toumai-Douai Valenciennes-Amiens. Un tracé qui avait déjà été évoqué dans les discussions il y a quelques années. Le maire évoque aussi l'opportunité de renforcer la nationale 48 sur le territoire belge : « une réelle possibilité pour nos voisins qui ont plus de facilités à mettre en place des zones d'activités».

La Commission du débat public mise en place en juin et présidée par Gilbert Carrère va recevoir les élus, les responsables économiques, les militants associatifs pour étayer un rapport qui sera remis au ministre des transports fin janvier. Jacques Rémory, quant à lui, entend évoquer la question de l'A24 au sein du syndicat intercommunal et du GADEC.

Enfin, si l'autoroute devait passer à Linselles, « il faudrait que le passage se fasse à l'endroit prévu. Il n'est pas question que cette autoroute passe ailleurs dans Linselles dans la mesure où nous avons pensé tout l'aménagement de la commune en fonction de ce projet et laissé la zone concernée disponible ». Et le maire de rappeler : « il y a 30 ans, certains agriculteurs avait cessé ou modifié leur activité en fonction de ce projet... ».  propos recueillis par Angélique Da Silva de Nord Eclair


M. Christian Vanneste, député de la 10ème circonscription ,  vice président de LMCU


"Le projet de construction de l'A24, au sud de l'A25 et donc de l'agglomération lilloise, est toujours inscrit dans les documents d'aménagement du territoire. Sans doute est-il nécessaire aux dessertes de Béthune et d'Amiens, mais s'agissant de la métropole lilloise, il constitue une véritable absurdité, car cet axe traverserait un milieu urbain dense et résidentiel.

Errare humanum est, perseverare diabolicum : nous connaissons déjà les nuisances de l'A22, et nous nous battons avec acharnement pour l'interdiction du dépassement des poids lourds sur cet axe dangereux. Il faut obligatoirement prévoir, pour l'autoroute A24, un contournement de l'agglomération lilloise. La traverser serait un non-sens. Ce type de solution est unanimement rejeté aujourd'hui, comme on l'a vu à Lyon. L'autoroute ne traverserait d'ailleurs que des zones résidentielles, sans aucune perspective de développement économique.

La traversée de l'agglomération serait en outre dangereuse. Je pense d'abord à l'environnement : nous avons déjà mené une longue bataille pour l'installation de murs antibruit le long de l'A22. Mais la sécurité du trafic serait aussi compromise, car le trafic de proximité se mêlerait au transport routier venant de toute l'Europe du Nord.

Il faut donc rechercher une solution franco-belge de contournement. Je vous demande de bien vouloir m'indiquer l'état d'avancement et le calendrier prévisionnel du projet. Je souhaite en outre que le Gouvernement s'engage à choisir un tracé de contournement, permettant ainsi à la communauté urbaine de Lille de réviser le plan local d'urbanisme en ce sens.

Enfin, pouvez-vous m'indiquer quels contacts ont été pris avec les autorités belges pour réaliser ce que nous appelons déjà « le ring transfrontalier » ? "


M. Jean Pierre Balduyck, Maire de Tourcoing, vice président de LMCU


M. Vincent Ledoux, Maire de Roncq, conseiller communautaire


M. Patrick Delnatte, député de la 9ème circonscription

« Dans ma circonscription, j’ai la voie rapide urbaine, j’ai l’A22, j’ai la Rocade Nord-Ouest… Donc, je connais bien les avantages des infrastructures, mais aussi leurs limites ». Dès lors, « traverser la métropole par l’Ouest, c’est transformer ce secteur en véritable gruyère ». Or cette zone, « manifestement, ne peut plus supporter de nouvelles grandes infrastructures de ce type ».

Je suggère « une sorte de"ring" qui contourne par l’Ouest et réponde à une problématique à la fois de desserte de la métropole, de desserte transfrontalière et de desserte de l’A1, mais offre également une desserte par l’Est - ce qui empêcherait dans la métropole cet effet "d’entonnoir" de tous les trafics ». Je me pose la question de la liaison entre Amiens et Lille, « qui apporte des réponses à l’engorgement de l’A1 ». Elle «permet d’ancrer davantage la Picardie à la région Nord-Pas-de-Calais : nous savons bien que les Picards ne sont pas toujours très attirés par l’aspiration de la région parisienne et aimeraient bien retrouver un peu d’espace et de développement vers le Nord, vers le Nord-Pas-de-Calais et vers l’Europe du Nord ». « Du point de vue du développement économique, cette A24 me paraît importante ; mais lorsqu’on arrive à la métropole, il faut véritablement étudier toutes les hypothèses qui permettent un contournement ».


M. Bernard De Veylder,  Président des Verts Nord Pas de Calais


M. Marc Philippe Daubresse, député maire de Lambersart, 1er vice président de LMCU

M. Dominique Bouillet, représentant de la Confédération Paysanne