Le Collectif défend dans sa contribution au débat public LAALB(ou A24) un projet euro régional où la nouvelle infrastructure de délestage de l’A1 par un axe Amiens-Lille-Belgique devient AF24 proposant une offre combinée rail-route d’Amiens à Dunkerque et Zeebrugge en se connectant à l’A25 au niveau de Bailleul. L’espoir est de développer les ports flamands de Dunkerque et de Zeebrugge dans le cadre d’un projet euro régional.

Deux nouvelles viennent conforter notre proposition

Après une année catastrophique en 2003 pour le fret SNCF, des « trains lourds » partent de Dunkerque vers la Lorraine.

Pour y arriver il a fallu attendre que deux conditions soient remplies :

1) l’amélioration du climat social au port de Dunkerque qui avait une réputation exécrable avant 1992, date de la dernière grève des dockers. En acceptant de mettre un peu d’eau dans leur vin, ceux-ci ont réalisé qu’il vaut mieux profiter à moitié d’une bonne affaire que de réclamer 100% des gains d’une perdante. La confiance retrouvée de la clientèle permet à Dunkerque de profiter au mieux de sa position géographique très favorable. 55% des marchandises arrivent ou partent par le rail à Dunkerque. Pour mémoire, le fret ferroviaire se situe à 13% à Zeebrugge, à 4% à Rotterdam.

2) l’amélioration de la logistique ferroviaire.

SNCF a repensé son offre de fret : elle organise des « trains lourds » en doublant le chargement d’un convoi de 500 mètres pour décharger un cargo en entier. Ceci apporte un gain de temps et une libération de créneaux horaires permettant plus de transports. Il reste cependant un écueil important, 8 kilomètres de voies ne sont pas encore électrifiés, ce qui impose un changement de locomotives et de conducteurs. La SNCF n’a pas hésité à augmenter ses tarifs de 20 à 25% au départ de Dunkerque pour tenir compte de ce changement. Le Port Autonome de Dunkerque va investir 5,2 millions d’€ pour éviter le surcoût pour sa clientèle, somme importante à laquelle RFF et la SNCF devrait participer sans quoi la libéralisation du fret ferait choisir un autre prestataire ferroviaire. C’est d’ailleurs la solution proposée par le Collectif avec le projet euro régional AF24 , autoroute+ferroviaire Amiens se raccordant à l’A25 au niveau de Bailleul.

Ainsi du lundi au vendredi, depuis début septembre, 2600 tonnes de minerai de fer sont déchargés en 90 minutes d’un cargo minéralier sur le port de Dunkerque, ils rempliront 44 wagons d’un convoi géant pour le l’usine Saint Gobain de Pont à Mousson. Ce sont 550.000 tonnes par an qui transiteront par Dunkerque.

Le directeur régional de la SNCF, J-C Larrieu, indique que Dunkerque est au cœur du plan Fret 2006. L’axe Dunkerque-Lorraine est l’axe fret le plus performant selon Bruno Saintes, directeur commercial de Fret SNCF, un seul train n’aurait pas « bien roulé ».

C’est la baisse du coût de la logistique qui doit permettre de faire des gains de productivité, le risque n’est pas que les chargements proviennent d’Anvers ou Rotterdam mais que la transformation se fasse en Chine.

 

En 2004 Dunkerque a franchi la barre des 51 millions de tonnes (+2%), ce qui est un développement remarquable si l’on considère en plus qu’un gros client comme l’usine TOTAL avait stoppé son activité pendant un mois et demi pour une opération de maintenance.

Les perspectives de développement sont optimistes : l’Allemagne produit encore 30 millions de tonnes de houille, soit la moitié de sa consommation annuelle. A l’horizon 2012, des puits auront été fermés divisant par deux la production allemande, l’importation sera alors nécessaire, Dunkerque pourra certainement y pourvoir. Des réserves foncières de 3.000 ha permettront à Dunkerque de se développer, possibilité que n’ont pas les ports Belges et Hollandais.

Le 18 juin 204, pour la première fois à Dunkerque, un porte-conteneurs géant provenait de Chine.

Un bâtiment de 347 mètres de long, 42 mètres de large contenant 7226 conteneurs a pu accoster grâce à un investissement de 45M€ permettant l’extension de 600 mètres du quai de Flandres et à la mise en service de deux nouveaux postes en eau profonde (18 mètres de tirant d’eau). Ceci a permis à l’armateur danois Maerk-Sealand d’ajouter une escale hebdomadaire tous les  jeudis à Dunkerque.

La croissance de l’activité conteneur se situe à 25 ou 30% par an. Avec un quatrième poste roulier qui a été mis en service en juillet 2004, Dunkerque pourra dépasser 8 millions de tonnes. En 2003 ce sont 377 000 camions et remorques qui sont passés à Dunkerque. En ajoutant deux ou trois portiques supplémentaires, il sera possible de décharger deux bateaux à la fois. Cet investissement semble impératif pour se mettre à la hauteur des autres ports.  

Les 200.000 conteneurs sont passés par Dunkerque en 2004 sont bien modestes face au 1.200.000 d’EVP à Zeebrugge, 2.200.000 au Havre, 8.100.000 à Rotterdam.

 

Il faut remarquer aussi qu’un bâtiment coûte 20% de plus à construire en France qu’en Belgique à cause des contraintes de sécurité imposées par la DRIRE. Une harmonisation européenne s’impose pour une véritable mise en concurrence.