Le bureau du collectif contre les nuisances routières ne s'est pas associé au mouvement de boycott prononcé par le collectif pour une alternative à l'A24. Il revenait à Michel Feutry ou à Jacqueline Istas de s'exprimer sur France 3 pour expliquer les raisons de l'arrêt de leur pparticipation aux débats. Au lieu de cela, c'est Dominique Plancke, vice président du conseil régional, élu des Verts du Nord Pas de Calais qui a été choisi. La proximité des élections apporte des biais dans le débat public qui ne doit pas servir de tremplin médiatique pour des raisons politiques.

Conclusions sur le débat (compte rendu des réunions du 8 et du 15 janvier 2004)

Nous reproduisons les motivations du collectif pour une alternative à l'A24 de Michel Feutry, élu des verts, sans y souscrire complètement mais certaines revendications nous sont communes et il convient de respecter la liberté d'expression, même si elle décide de se bâillonner. J'ai noté parmi la population une large désapprobation vis à vis de boycott, la politique de la chaise vide est ressentie négativement. Il me semble pourtant opportun de laisser Michel Feutry expliquer les raisons de son retrait.

www.A24.ouvaton.org

Pourquoi nous quittons un débat tronqué

Le Collectif pour une Alternative à l'A24 a participé activement au Débat Public sur le projet de liaison autoroutière Amiens-Lille-Belgique. Depuis trois mois, ses militants ont joué le jeu du débat démocratique animé par la Commission présidée par le Préfet Carrère, en étant présents à chaque réunion et en envoyant de nombreuses contributions écrites.

Mais le 9 janvier 2004, le Collectif, qui regroupe la Fédération Nord-Nature, la Confédération Paysanne, les Verts, une vingtaine d'associations locales de protection de l'environnement et de simples habitants de nos deux régions, a pris acte de l'inutilité des efforts consentis pour ce débat, pour ses organisateurs et ses participants, et s'en est retiré, pour les raisons suivantes :

Débattez, débattez, le gouvernement a déjà décidé !

A l'issue du CIADT du 18 décembre 2003, le communiqué de presse publié par le gouvernement a défini et classé l'autoroute A 24 dans ses 50 projets d'aménagement du territoire à l'horizon 2025.

La Commission Carrère a alors rendu public un communiqué « regrettant la décision ambiguë du CIADT d'une remise à l'étude du projet autoroute A24 ». Nous considérons pour notre part que le gouvernement contrevient aux dispositions de la loi qui prévoit que « le maître d'ouvrage (...) décide, dans un délai de trois mois après la publication du bilan du débat public, par un acte qui est publié, du principe et des conditions de la poursuite du projet ». Les conclusions du CIADT ne sont-elles pas un acte décisif du gouvernement ?

Pour Monsieur de Robien, quelles que soient les conclusions du débat, la décision est déjà prise. A quoi bon continuer le débat ?

La main-mise des services de l'équipement sur le débat_____

Depuis le début de ce débat, nous dénonçons l'omniprésence du maître d'ouvrage (les services de l'équipement). Nous avions dès le 30 septembre demandé une contre-expertise. Le Préfet Carrère en avait accepté le principe. Mais un retard considérable a été pris qui a abouti à ne consulter des bureaux d'études compétents que le 9 décembre. Ceux-ci avaient alors trois jours pour répondre et 16 jours ouvrables pour réaliser l'étude, incluant la période des fêtes de fin d'année.

Dans ces conditions, un seul bureau d'études a répondu, ce qui aurait dû aboutir, à notre sens, à déclarer la consultation infructueuse. Or, ce seul bureau a été retenu. Il s'agit de la société ISIS, filiale du groupe EGIS, aujourd'hui partie prenante avec Bouygues de la construction et l'exploitation future de l'autoroute Rouen-Alençon.

Dans ces conditions, nous avons alors demandé à la Commission de prolonger le débat de deux mois, comme la loi le prévoit, afin de relancer une consultation. Le Préfet Carrère a refusé « pour ne pas interférer avec la période électorale ».

 

 

Et maintenant ?

Nous ne regrettons pas d'avoir participé au débat tant qu'il était ouvert. Nous avons écouté la richesse des propositions alternatives qui ont conforté notre conviction. Nous avons aussi constaté la faiblesse des arguments des partisans de l'autoroute.

Mais les conditions d'un débat objectif et démocratique ne sont plus réunies aujourd'hui.

C'est pourquoi nous avons fait savoir à la Commission que notre Collectif ne participerait plus en tant que tel aux réunions publiques, et ne se sentait plus impliqué dans la procédure d'expertise complémentaire.

Nous allons aujourd'hui nous mobiliser sur d'autres terrains, parce que nous pensons plus que jamais qu'il faut se battre contre le projet de LAALB A 24 !

Non à L'A24, oui aux alternatives !

Parce que nous souhaitons un développement économique rural et urbain qui respecte les hommes, les ressources naturelles et les territoires, parce que nous souhaitons améliorer notre qualité de vie et la sécurité de nos déplacements,

nous nous opposons à une nouvelle liaison autoroutière de transit entre Amiens et Lille et appelons au développement du rail et de la voie d'eau sur ce corridor et à l'amélioration des liaisons routières existantes, en termes de sécurité des personnes, d'exploitation du trafic et d'entretien de ce patrimoine.

Pour le transit international, il existe d'autres liaisons routières ou alternatives à renforcer, pour la liaison routière Amiens-Arras, l'itinéraire doit être sécurisé et les agglomérations et villages contournés, pour les liaisons Amas-Lille et Béthune-Lille, la mise à 2 x 2 voies des routes nationales doit être achevée et leur exploitation optimisée, pour les déplacements urbains, la circulation automobile peut et doit diminuer.

Non à l'A24 !

1. Ce  projet autoroutier est surdimensionné sur le plan routier, à court et à long termes

2. Ce projet ne répondra pas à lui seul aux enjeux de sécurité routière

3. Le projet de LAALB favorisera la paralysie du trafic dans la métropole lilloise...

4. Ce projet est contradictoire avec la politique de déplacements et d'urbanisation de la métropole lilloise. Il accentuera l'asphyxie des rues de ses villes et villages

5. Ce projet désertifiera les zones rurales, au contraire d'une route requalifiée

6. Ce projet compromettra le développement du TER et du tram-train

7. Ce projet nuira au transfert des marchandises de la route au rail et à la voie d'eau, et à la viabilité de la plate-forme de Dourges

8. Ce projet empêchera un développement économique urbain et rural économe des ressources naturelles

9. Ce projet entraînera la destruction de paysages et de milieux naturels et menacera nos réserves en eau potable

10. Ce projet empoisonnera un peu plus l'air que nous respirons et accélérerait le réchauffement du climat

11. Ce projet sera coûteux, il sera financé par les péages, mais aussi par les Collectivités locales.